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2003.01 Gracieuseté de René Després,
Planificateur financier
Représentant autonome Partenaire du Groupe Langevin
Affilié auprès de AEGON.
Avec l'aimable collaboration de Talvest
Fonds d'Investissement
Les fiducies de revenu : Une catégorie d'actif intéressante à court et à long termesFace à la chute des marchés boursiers, les fiducies de revenu s'imposent comme l'une des seules catégories d'actif performants des deux dernières années. À mi-chemin entre les actions et les obligations en ce qui a trait au risque, les fiducies dégagent des rendements soutenus dans une conjoncture caractérisée par des taux d'intérêt historiquement bas.
Les fiducies de revenu se définissent essentiellement comme un type de structure d'entreprise. Au lieu d'émettre des actions, la société crée une fiducie ouverte à l'épargne publique. La fiducie verse la totalité de ses revenus, après déduction de ses frais, aux investisseurs. Pour les entreprises qui génèrent des revenus importants, il s'agit d'un mode de financement pratique et peu coûteux dans un contexte marqué par le ralentissement de la demande d'actions.
Pour les investisseurs prudents, c'est l'occasion de dégager un revenu régulier, à des taux de rendement actuellement largement supérieurs à ceux des placements à revenu fixe traditionnels tels que les obligations. Les fiducies peuvent également convenir aux investisseurs plus audacieux, soucieux de consolider leur portefeuille dans un contexte de repli boursier.
Les fiducies sont des placements à caractère participatif, semblables aux fonds communs de placement. Elles sont gérées par des professionnels et vendues par parts mais, contrairement aux fonds communs de placement, elles se négocient sur les marchés boursiers. Leur principale différence avec les actions réside dans le but ultime du placement. Alors que les placements en actions mettent l'accent sur l'appréciation du capital, les fiducies visent à dégager des revenus.
Les fiducies de redevance étaient essentiellement axées sur les secteurs de l'énergie et sont devenues populaires au milieu des années 90. En 1994, on n'enregistrait que cinq émissions de fiducies de redevance et de revenu et la capitalisation boursière totale de l’industrie s'établissait à 2 milliards de dollars, selon la société torontoise Morrison Williams Investment Management.
Aujourd'hui, on compte 91 fiducies de redevance et de revenu au Canada, issues essentiellement de quatre secteurs : services publics et pipelines, pétrole et gaz, immobilier et industrie. Les fiducies affichent désormais une capitalisation boursière d’environ 34,5 milliards de dollars; ce chiffre pourrait même atteindre au bas mot 50 milliards de dollars d'ici 2007, selon Morrison Williams Investment Management.
Bien que la croissance du secteur des fiducies soit en grande partie attribuable aux taux d'intérêt faibles, elle est également liée au recul des rendements boursiers, du marché baissier depuis trois ans. La hausse des prix de l'énergie a également joué un rôle, à l'instar de l'offre et de la demande.
Les investisseurs recherchent un produit capable de générer un bon niveau de revenu et les entreprises en mal de financement ne peuvent que remarquer ce marché actuellement très en vogue. Ce seul élément encourage les entreprises à transformer certaines de leurs activités en fiducies, selon les analystes.
Évidemment, lorsqu'un secteur progresse, on peut toujours craindre une surchauffe. Le récent éclatement de la bulle technologique est encore très présent dans les esprits. Les fiducies de revenu ont d'ailleurs elles aussi connu une période difficile, à la fin des années 90, lorsque les prix de l'énergie étaient au plus bas et que les taux d'intérêt montaient. Nous dirigeons-nous vers un effondrement des fiducies de redevance et de revenu? C'est possible, mais la plupart des experts ne le croient pas. «Il s'agit fondamentalement d'actions à haut rendement, et elles comportent donc indéniablement une part de risque, mais je ne pense pas qu'il faille vraiment s'attendre à une explosion, indique Dan Hallett, analyste en placements principal chez Sterling Mutuals, à Windsor, en Ontario. Certaines de ces fiducies ne font que renouer avec leurs niveaux des années 1996 et 1997.»
Le secteur des fiducies de revenu a en outre changé au cours des dernières années; alors qu'il était autrefois essentiellement composé de fiducies cycliques et volatiles, comme celles du secteur de l'énergie, les sociétés stables et matures occupent désormais une part plus importante.
Néanmoins, compte tenu des perspectives de hausse des taux d'intérêt en 2003, les fiducies pourraient perdre de leur attrait. Et, le nombre de fiducies augmentant, il n'est pas exclu que certaines fassent faillite, ce qui risque de se répercuter sur l'ensemble du secteur.
Comme avec tout autre placement, il est important que les conseillers et les investisseurs fassent bien leurs devoirs et évaluent attentivement la qualité de l'activité sous-jacente. «Certaines fiducies sont mieux gérées que d'autres, et génèrent des revenus plus stables, indique M. Hallett. Si l'activité est saine, les rendements augmenteront.»
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